Les chrétiens en première ligne

Rencontre réfugié famille JRS RéformeLes chrétiens en première ligne

Catholiques et protestants se mobilisent mais se heurtent à l’inertie des pouvoirs publics.

Aux côtés de la plate-forme de la Fédération de l’Entraide protestante (FEP), axée sur l’accueil de familles de migrants, le service Welcome en France du Service Jésuite des Réfugiés France (JRS France) s’adresse aux réfugiés célibataires. Ceux qui ont le statut de demandeurs d’asile peuvent être hébergés chez des particuliers. Pour une durée de quatre à six semaines, ils disposent d’une chambre, du petit déjeuner, d’un dîner par semaine. « C’est le minimum, explique Marcela Villalobos-Cid, coordinatrice de Welcome. Ce n’est ni un hôtel ni un internat, un système à la fois familial et libre. Le service organise des entretiens avec le demandeur d’asile, qui reste dans le réseau Welcome de trois à neuf mois, et les familles. »

Créé en 2009, le service JRS a reçu plus de sept mille sollicitations depuis l’été dernier, notamment après le coup de projecteur médiatique à la suite du décès du petit Aylan. Les attentats de novembre n’ont pas freiné cet élan de générosité, un constat partagé par la FEP.

La coordinatrice de Welcome note des motivations différentes parmi les volontaires. La première vague,

en 2009, fut surtout le fait de retraités, très engagés dans les paroisses ou le caritatif, aux moyens matériels suffisants pour accueillir une personne chez eux. Avec la seconde vague, sont apparus des couples de trentenaires-quarantenaires, avec des enfants en bas âge, membres ou non de paroisse.

Dénoncer la fermeture

Marcela Villalobos-Cid complète : « Depuis septembre 2015, la troisième vague concerne des citoyens, interpellés par la situation des réfugiés, qui ne sont pas forcément catholiques. Dans le Sud, beaucoup de protestants se sont investis dans le programme. »

Côté protestant justement, Jean Fontanieu, secrétaire général de la FEP, a rappelé haut et fort la mission d’accueil des chrétiens, lors de l’assemblée générale de la Fédération protestante de France. Le texte adopté n’hésite pas à dénoncer « les choix politiques de repli nationaliste, de fermeture et d’exclusion ».

« Les procédures d’obtention des v

isas bloquent les processus alors que les familles, les paroisses, les associations prêtes à accueillir sont là », dénonce Jean Fontanieu. La plate-forme de la FEP a permis à près de 200 migrants de trouver un logement en 2015. En 2016, elle prévoit d’accueillir 150 personnes pour le premier trimestre. En dehors de ces initiatives, réelles mais modestes à l’échelle du pays, comment la France des droits humains va-t-elle respecter ses engagements d’accueil de 30 000 demandeurs d’asile d’ici à 2017 ?

Article tiré du Journal RéformeRencontre réfugié famille JRS Réforme, n°3644 11-02-2016